Recherches en cours

CONCERNANT LES GLOSSITES ET GLOSSODYNIES

1) mise au point au Centre de Recherches des Eaux de Castera-Verduzan (32), de produits de soins bucco-dentaires à base d’eau thermale et d’oligo-éléments (n° Vert : 0 800 45 96 45) (www.buccotherm.com)

CONCERNANT LES GLOSSODYNIES

2) étude du traitement local des glossodynies essentielles par le clonazépam, lancée par la Faculté de chirurgie dentaire de Clermont-Ferrand. (Conclusions : Les résultats de cet essai thérapeutique montrent que la succion d’un demi-comprimé de clonazépan 3 fois par jour diminue la douleur chez 2/3 des patients atteints de stomatodynie et est inefficace chez le tiers restant. Votre médecin est seul juge de la nécessité ou pas de vous prescrire ce traitement. ») (Voir le chapitre  » Petite bibliographie et banque de données « ).Voir ci-après les résultats des dernières études.

3) étude des problèmes de la circulation sanguine au niveau lingual par le CHU de Rennes.

RESULTATS DES DERNIERES ETUDES DE MM WODA ET RICHARD-GREMEAU (Inserm 929, Faculté de Chirurgie dentaire de Clermont-Ferrand

1) Parutions 2009 : Résultats complets (en anglais) à lire dans : Revue Focus Vol. 23 N° 3, 2009, sous le titre : Effect of lingual nerve block on burning mouth syndrome (stomatodynia). A randomized crossover trial. Authors: Christelle Grémeau-Richard, PHD; Claude Dubray, MD, PHD; Bruno Aublet-Cuvelier, MD, PHD; Sylvie Ughetto, MD, PHD; Alain Woda, PH A paraître dans la revue PAIN sous le même titre

Résumé en français : « Nous avons fini l’étude dont nous avions déjà parlé. L’anesthésie du nerf lingual en bloquant les influx nerveux issus de la langue permet de savoir si les mécanismes concernés sont centraux ou périphériques. Les résultats indiquent que les deux situations existent et donc probablement les deux mécanismes. Mais le plus souvent l’anesthésie du nerf lingual interrompt ou diminue les brûlures spontanée de la langue ce qui montre que dans ces cas, les influx spontanés (qui ne correspondent pas à une stimulation) issus de la langue sont nécessaires au maintien de la brûlure. Ceci confirme bien que la stomatodynie n’est pas simplement une maladie psychologique et qu’elle repose sur une dégénérescence ou une dysfonction des fibres nerveuses. D’autre part les patientes qui sont sensibles à l’anesthésie du nerf lingual sont celles qui répondent le mieux au traitement local par Rivotril® et aussi celles qui sont le moins anxieuses. Cet article est en passe d’être publié dans la revue « Pain ». D’autre part vous savez probablement que nous avons développé une réflexion à propos de l’origine de la stomatodynie que nous pensons être liée à un dérèglement des diverses sources de stéroïdes (hormones sexuelles, hormones du stress et ces mêmes substances produites dans les tissus hors de leur lieu de production habituelle c’est à dire dans les gonades et les glandes surrénales). Ce dérèglement serait la cause de la dégénérescence ou de la dysfonction des fibres nerveuses. Plusieurs articles ou chapitres de livre ont été publiés sur cette théorie. Nous avons fait des essais sur quelques patients en utilisant ces concepts et avons eu quelques succès très spectaculaires mais qui sont restés des exceptions. Nous n’avons donc toujours pas de solutions fiables à proposer. L’étape suivante passe probablement par une phase de dosage systématique de ces hormones stéroïdes de façon à essayer de mettre en évidence une anomalie dans les niveaux de leur concentration chez les malades. Nous pensons que cela peut être le cas mais sous une forme telle que cela est passé inaperçu à ce jour. Si nous pouvons observer quelque chose de ce type une intervention hormonale ciblée sera alors envisagée. Cela est encore loin.» A. Woda (14-10-09)

2) Parution 2007 : A lire en français dans: Réalités cliniques, Vol. 18, N° 4, 2007 Titre : Stomatodynie Auteurs : C. Grémeau-Richard, Alain Woda (Faculté de chirurgie dentaire de Clermont-Ferrand, Inserm 929)

Cet article résume les travaux menés pendant les dix dernières années. Il précise la prévalence et définit les caractéristiques de la « vraie » stomatodynie, à ne pas confondre avec les « brûlures locales de cause identifiée », dont beaucoup (70 pour cent) peuvent être soulagées, notamment celles provoquées par certaines molécules. Il constate que récemment encore, la stomatodynie, qui atteint 0,7 pour cent de la population générale, était « arbitrairement classée dans le groupe des douleurs psychalgiques ». La douleur était ainsi trop souvent niée, d’où une prise en charge défectueuse des patients.

Il se penche sur « l’abondance » des thérapeutiques proposées et sur l’absence d’efficacité d’un grand nombre (garbapentine, bains de bouche au chlorhydrate de benzydamine, Trazodone), l’efficacité « médiocre » des antidépresseurs tricycliques chez un petit nombre de patients (19 pour cent) ou celle plus intéressante de certaines benzodiazépines (Diazépam…), et note les effets secondaires indésirables de médicaments susceptibles de réduire la douleur, comme la capsaïcine ou certains antipsychotiques.

Il souligne l’intérêt de deux molécules, mis en évidence lors d’essais randomisés :
• le clonazépam en comprimés à sucer puis recracher (efficace dans 66 pour cent des cas)
• l’acide alphalipoïque (voir note ALF ci-dessous) (amélioration dans 73 pour cent des cas)
• Les auteurs notent par ailleurs l’efficacité des thérapies cognitovo-comportementales suivies pendant 4 mois.
Ils concluent que les symptômes de la stomatodynie résulteraient :
• « D’une altération neuropathique, atteignant les fibres nerveuses périphériques et/ou centrales avec modification des seuils de perception. qui pourraient eux-mêmes résulter :
• D’un contexte anxio-dépressif et de la chute des hormones sexuelles»,
Et demandent à ce que les malades « soient enfin considérés ».

(Note de l’ ALF concernant l’acide alphalipoïque: Une étude résumée en 2002 dans la Revue Nutranews relate les effets positifs dans la glossodynie d’une prise d’acide alphalipoïque sur 2 mois : « Dans cette étude en double-aveugle, des chercheurs ont demandé à 42 femmes et hommes de 22 à 68 ans de prendre 3 fois par jour pendant 2 mois 200 mg d’acide alphalipoïque ou un placebo. 87 % des patients ont guéri complètement ou ont eu une amélioration partielle de leurs symptômes au cours des 2 mois de l’étude. Aucune guérison n’a été observée chez les patients ayant absorbé le placebo.» (Fermanio F. et al., Journal of Oral Pathology, 2002 ; 31 : 267-269).

FÉVRIER 2012, NOUVELLE ETUDE SUR LES STOMATODYNIES

Etude OPIODYN P081106. Recherche d’un marqueur biologique des douleurs orofaciales : dosage de l’opiorphine chez des patients souffrants de stomatodynie

« OPIODYN » Investigateur principal et responsable scientifique: Pr. Yves BOUCHER, PU-PH, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, Service d’Odontologie.

Co-investigateur Dr. Vianney Descroix, MCU-PH, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière

Coordinateur de l’étude : Dr. Agbo-Godeau Scarlette, Groupe Hospitalier Pitié Salpêtrière, Service de Stomatologie

Promoteur : Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP)

RESUME DU PROJET

Introduction : Les stomatodynies primaires sont des douleurs orofaciales idiopathiques chroniques, de durée supérieure à six mois, intenses, ressenties sur la langue et les muqueuses buccales pour lesquelles aucune cause n’a été trouvée. Les traitements actuels sont peu efficaces. La stomatodynie est une affection essentiellement féminine, affectant les femmes au moment où après la ménopause, suggérant un rôle étiopathogénique des hormones sexuelles potentialisant un facteur local salivaire. Une composante anxiodépressive est souvent associée à l’affection. Récemment, une molécule nommée opiorphine a été identifiée dans la salive humaine. Cette molécule a montré chez l’animal des propriétés antalgiques comparables à celle de la morphine. Ses propriétés modulatrices de la perception douloureuse, le fait que la sécrétion de son homologue rat la sialorphine soit modulée par le stress et les hormones sexuelles et qu’on la retrouve dans la salive buccale nous laisse penser que l’opiorphine pourrait être impliquée dans la stomatodynie. Notre hypothèse est que cette molécule est en quantité plus faible chez certaines personnes souffrant de stomatodynie et que ce manque entraîne des sensations de brûlures buccales.

L’objectif principal : est de vérifier l’hypothèse d’une diminution de la quantité d’opiorphine sécrétée dans la salive des patients stomatodyniques primaires par une comparaison avec un groupe de sujets témoins appariés.

Les objectifs secondaires sont les suivants:
• comparer les concentrations d’opiorphine dans le sang des patients stomatodyniques primaires avec celles d’un groupe témoin homogène.
• comparer les concentrations d’opiorphine dans l’urine des patients stomatodyniques primaires avec celles d’un groupe témoin homogène.
• comparer les seuils gustatifs des patients stomatodyniques primaires avec ceux d’un groupe témoin homogène.
• étudier la relation entre l’intensité de la douleur et les concentrations d’opiorphine salivaire.
• étudier la relation entre la concentration d’opiorphine salivaire et le score d’anxiété/dépression HADS. Etude OPIODYN P081106
Le critère de jugement principal est le dosage de l’opiorphine en ng/mL de salive

Les critères d’évaluation secondaires sont les suivants :
• La concentration sanguine d’opiorphine qui sera mesurée par dosage en ng/mL
• la concentration urinaire d’opiorphine qui sera mesurée par dosage en ng/mL
• La douleur sera mesurée avec une échelle Visuelle analogique (Score 0 à 100)
• Le niveau d’anxiété et dépression sera mesuré avec l’adaptation française du questionnaire HADS (Hospital Anxiety Depression Scale)
• Les seuils électro gustométriques seront mesurés en μV.
• Le débit salivaire sera calculé en mL/min en mesurant le volume salivaire stimulé
Méthodologie, type d’étude: il s’agit d’une étude comparative cas-témoins, multicentrique, en simple insu

Nombre de sujets nécessaires : Nous constituerons un groupe de patients stomatodyniques primaires de 21 personnes chacun et un groupe de sujets témoins, appariés en âge, sexe, et statut hormonal (ménopause), de 21 personnes également. Les patients chez qui les examens biologiques auront permis d’identifier une cause à leurs brûlures buccales formeront un troisième groupe de patients (stomatodyniques secondaires). L’analyse de ce groupe ne fait pas partie des objectifs de l’étude. Le risque alpha est de 0,5% et la puissance de 90%.

Critères d’inclusion : Douleur orofaciale présente depuis plus de quatre mois, continue, ressentie dans les muqueuses buccales et la langue.

Critères de non inclusion communs aux deux groupes: sujets de moins de 18 ans, sujets âgés de plus de 80 ans, sujets présentant un trouble de la communication, sujets ne signant pas la notice d’information et de consentement, sujets ayant souffert de douleur dentaire ou parodontale dans le mois précédent l’examen, sujets participant de façon concomitante à une recherche biomédicale, sujets non affiliés à un régime de sécurité sociale ou sans couverture médicale universelle, patients présentant une pathologie générale susceptible d’entraîner des douleurs buccales connue (diabète, lupus, zona, reflux gastrique, allergie, neuropathie trigéminale, syndrome sec etc. ), patients médiqués avec une molécule susceptible d’induire des sensations de brûlures buccales (anti-VEGF, neuroleptiques, inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine II, etc., patients souffrant de douleur orofaciale chronique autre que la stomatodynie

Déroulement de l’étude : l’étude comporte trois séances pour chacun des deux groupes, la durée de participation d’un sujet est de 8 semaines et la durée totale de l’étude est de 2 ans. Nombre de centres investigateurs:2**

2012, DES NOUVELLES DE l’ETUDE OPIODYN

De M. le Professeur Yves Boucher: « L’étude OPIODYN va finir sa phase d’inclusion et nous pourrons alors procéder aux dosages biologiques prévus sur les échantillons recueillis. Nous verrons alors si notre hypothèse est juste.

(…) Un article de synthèse est récemment paru dans la revue Clinical Neurophysiology (Clin Neurophysiol. 2012 Jan ;123(1):71-7. Pathophysiology of primary burning mouth syndrome, par Jääskeläinen SK.) Qui suggère plusieurs sous-types de stomatodynies.

En ce qui concerne le traitement, il n’existe pas actuellement de nouveauté, le traitement le plus efficace semblant toujours le Rivotril à sucer, mais qui n’est pas efficace chez tous les patients, et de plus en plus difficile à prescrire en raison d’une récente limitation de prescription.

Nous n’avons pas de nouvelle étude prévue dans un futur proche, mais je vous informerai dès que nous en préparerons une autre. Nous recevons les patients dans le cas des consultations de dermatologie buccale et d’odontologie du service de la Pitié Salpêtrière. Le professeur Woda est maintenant à la retraite mais sa collègue, le Dr Grémeau Richard consulte. Elle a même une étude en cours sur le sujet me semble-t-il.»
JANVIER 2015
« Même si la compréhension globale du problème s’améliore, il n’y a pas de traitements nouveaux ni plus efficaces (…)
Nous suivons mes collègues et moi les avancées les plus récentes.
Les résultats de l’étude clinique OPIODYN sont en cours d’analyse mais d’après les premiers résultats il n’y aura pas de miracle…
Vous pouvez bien sur adresser les patients dans le service mais il ne faut pas qu’ils (elles) se fassent trop d’illusions.»

Dr.Yves Boucher UFR Odontologie & CRicm UMRS 975, 5 Rue Garancière 75006 Paris